Le congé parental et la PreParE sont deux choses distinctes. Le premier est un droit qui vous permet de suspendre ou de réduire votre activité auprès de votre employeur, sans rémunération de sa part. La seconde, la prestation partagée d’éducation de l’enfant (PreParE), est l’allocation versée par la CAF ou la MSA pour compenser une partie de la perte de revenu. En 2026, elle atteint 459,70 € par mois à taux plein, sous conditions, et peut être versée jusqu’aux 3 ans de l’enfant.
Après la naissance, beaucoup de parents rêvent de lever le pied et de rester encore un peu auprès de leur enfant avant de replonger dans le travail. Puis vient la question du budget. Peut-on vraiment s’arrêter ? De combien va-t-on disposer ? Et surtout, comment s’y prendre ?
C’est là que la confusion s’installe, car deux dispositifs se cachent souvent derrière le mot « congé parental ». Il y a d’un côté le congé parental d’éducation, qui règle votre situation vis-à-vis de votre employeur, et de l’autre la PreParE, l’allocation qui apporte un revenu de remplacement. L’un n’est pas l’autre, ils ne se demandent pas au même endroit, et l’un peut exister sans la seconde. La PreParE n’est d’ailleurs pas un salaire : son montant, souvent plus modeste qu’on ne l’imagine, se calcule selon que vous arrêtez ou réduisez votre activité.
La distinction entre les deux, les montants en vigueur et la durée du versement conditionnent l’organisation de ces premières années. S’y ajoute désormais le congé supplémentaire de naissance, qui complète ces dispositifs sans remplacer le congé parental.
Congé parental et PreParE : deux choses différentes
Le congé parental d’éducation, un droit vis-à-vis de l’employeur
Le congé parental d’éducation est régi par les articles L1225-47 et suivants du Code du travail. C’est un droit du salarié, à condition de justifier d’au moins un an d’ancienneté dans l’entreprise à la date de la naissance ou de l’arrivée de l’enfant.
Ce congé peut se prendre sous deux formes :
- total, votre contrat est alors suspendu ;
- partiel, en réduisant votre temps de travail à au moins 16 heures par semaine.
Dans le secteur privé, l’employeur ne peut pas s’y opposer, et le congé peut être renouvelé jusqu’au troisième anniversaire de l’enfant. Pendant toute sa durée, votre emploi reste protégé : vous retrouvez ensuite votre poste, ou un poste similaire à rémunération au moins équivalente. Seule contrepartie, et elle est de taille : ce congé n’est pas rémunéré par l’employeur.
La PreParE, l’allocation versée par la CAF
C’est ici qu’intervient la prestation partagée d’éducation de l’enfant. Composante de la prestation d’accueil du jeune enfant (PAJE), elle est versée par la CAF ou la MSA pour compenser en partie la perte de revenu liée à l’arrêt ou à la réduction de votre activité.
Elle n’est pas automatique et ne se confond pas avec le congé : vous pouvez être en congé parental sans percevoir la PreParE si vous n’en remplissez pas les conditions, et vous devez la demander séparément, auprès de votre caisse.
Qui a droit à la PreParE ?
Les conditions communes
Trois conditions doivent être réunies :
- avoir au moins un enfant de moins de 3 ans, ou de moins de 20 ans en cas d’adoption ;
- avoir cessé ou réduit votre activité professionnelle ;
- avoir validé au moins 8 trimestres de cotisation vieillesse, sur une période de référence qui s’allonge avec le nombre d’enfants : les 2 dernières années pour un enfant, les 4 dernières pour deux, les 5 dernières à partir de trois.
👉 Bon à savoir :
Pour un premier enfant, les trimestres acquis grâce au chômage indemnisé ne sont pas comptés.
Selon votre statut : salarié, fonctionnaire, indépendant
La PreParE s’adresse à tous les actifs, avec des modalités adaptées :
- le salarié du privé prend un congé parental, à temps plein ou partiel ;
- l’agent de la fonction publique peut opter pour un congé parental ou un temps partiel de droit.
- le travailleur indépendant, lui, doit prouver qu’il a cessé ou réduit son activité, en se renseignant auprès de sa caisse.
Dans tous les cas, c’est la réalité de l’interruption ou de la réduction qui ouvre le droit.
Quel est le montant de la PreParE ?
Les montants selon la quotité de travail
Depuis le 1er avril 2026, le montant dépend de votre niveau d’activité maintenu.
Si vous cessez totalement de travailler, vous percevez 459,70 € par mois.
Si vous réduisez votre activité à 50 % au maximum, le montant est de 297,17 €.
Si vous travaillez entre 50 % et 80 % d’un temps plein, il est de 171,42 €.
Ces sommes sont revalorisées chaque année au 1er avril. La PreParE est soumise à la CRDS, mais elle n’est pas imposable et n’a pas à être déclarée dans vos revenus.
La PreParE majorée pour les familles nombreuses
Si vous avez au moins 3 enfants à charge et que vous cessez totalement de travailler, vous pouvez opter pour la PreParE majorée, d’un montant plus élevé mais versée sur une durée plus courte, de 8 mois maximum par parent.
Attention, le choix entre la PreParE classique et la version majorée est définitif. En cas de PreParE majorée perçue simultanément par les deux parents, le cumul est plafonné à 751,40 € pour le mois concerné.
Exemple :
Julie et Karim attendent leur deuxième enfant. Julie décide d’arrêter totalement de travailler : elle percevra 459,70 € par mois. Six mois plus tard, elle reprend à mi-temps et bascule alors à 297,17 €. Karim, de son côté, réduit son activité à 80 % pendant quelques mois et touche 171,42 €. Ils se partagent ainsi la présence auprès de l’enfant, chacun ajustant selon son organisation, sans jamais dépasser un taux plein s’ils cumulent le même mois.
Pendant combien de temps la PreParE est-elle versée ?
Le cas du couple
La durée de versement de la PreParE dépend du nombre d’enfants.
Avec un seul enfant, chaque parent peut percevoir la PreParE pendant 6 mois, dans la limite du 1er anniversaire. À partir de deux enfants, chaque parent peut en bénéficier jusqu’à 24 mois, dans la limite du 3e anniversaire du plus jeune.
👇 Bon à savoir :
Pour la mère, la durée est réduite du nombre de mois d’indemnités journalières de maternité déjà perçus après la naissance.
Le cas du parent isolé
Un parent qui élève seul son enfant bénéficie de règles plus souples.
Avec un enfant, la PreParE peut être versée jusqu’au 1er anniversaire. À partir de deux enfants, elle peut l’être jusqu’au 3e anniversaire du plus jeune, sans le partage imposé aux couples.
❓ Le saviez-vous ?
La PreParE est conçue pour être partagée entre les deux parents, d’où son nom. C’est justement pour encourager ce partage que, lorsque les deux parents la perçoivent le même mois, le total ne peut pas dépasser le montant d’un seul taux plein. Le dispositif ne double donc pas l’aide, mais il permet à chacun de prendre sa part de la présence auprès de l’enfant, successivement ou en même temps.
Comment faire la demande ?
Où déposer la demande de PreParE ?
La PreParE se demande auprès de votre CAF si vous relevez du régime général, ou de votre MSA pour le régime agricole.
Si vous êtes déjà allocataire, il suffit d’envoyer le formulaire de demande de PreParE (cerfa n°12324) après avoir mis votre situation à jour dans votre espace personnel. Si vous n’êtes pas encore allocataire, vous y joignez une déclaration de situation (cerfa n°11423). Le fait de n’avoir jamais perçu d’aide de la CAF n’est pas un obstacle : une première demande est possible à cette occasion.
Quand le versement débute-t-il ?
Un point important sur le calendrier : si vous êtes encore indemnisé au titre d’un congé de maternité, de paternité, d’adoption ou de maladie, vous devez attendre la fin de cette indemnisation pour percevoir la PreParE. Le droit s’ouvre à partir du premier mois complet de congé parental, et l’allocation est versée chaque mois à terme échu.
💡 Les conseils de Nolwenn News :
Anticipez les deux démarches, car elles sont distinctes. Prévenez votre employeur de votre congé parental dans les délais prévus, puis déposez votre demande de PreParE auprès de votre caisse, sans attendre la fin de votre congé de maternité pour préparer le dossier. Il est également conseillé de faire une simulation sur le site de la CAF avant de décider de votre quotité de travail : quelques heures de plus ou de moins peuvent faire basculer d’un palier de montant à l’autre.
Cumul, impôts et retraite
Les cumuls possibles et interdits
La PreParE n’est pas un salaire et ne se cumule pas avec les revenus qui couvrent la même période : indemnités journalières de maternité, de paternité ou de maladie, et allocations chômage. En cas de chômage, le versement est suspendu le temps de la PreParE à taux plein, puis reprend ensuite.
En revanche, elle peut compléter d’autres aides de la PAJE, comme l’allocation de base, et les allocations familiales, selon votre situation.
Fiscalité et droits à la retraite
Côté impôts, la PreParE n’est pas imposable : seule la CRDS est prélevée.
Côté retraite, s’arrêter ou réduire son activité ne signifie pas nécessairement perdre des trimestres. Sous conditions de ressources, l’assurance vieillesse des parents au foyer permet de continuer à valider des droits à la retraite pendant cette période, la cotisation étant prise en charge. Ce point est toutefois à vérifier auprès de votre caisse selon votre situation.
Ce qui change en 2026 : le congé supplémentaire de naissance
Le projet de « congé de naissance » annoncé en 2024 pour remplacer le congé parental, plus court mais mieux payé, a finalement été abandonné. Le congé parental d’éducation et la PreParE restent donc inchangés.
À la place, la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 a créé un dispositif différent : le congé supplémentaire de naissance, accessible depuis le 1er juillet 2026. Il ne remplace pas les mécanismes en place mais s’y ajoute. Chaque parent peut prendre 1 ou 2 mois, à la suite du congé de maternité, de paternité ou d’adoption, et dans les 9 mois suivant l’arrivée de l’enfant. Il est indemnisé par l’Assurance maladie de façon dégressive, à 70 % du salaire net le premier mois puis 60 % le second, dans la limite du plafond de la Sécurité sociale. Bien mieux rémunéré que la PreParE, mais bien plus court, il répond à un autre besoin : être davantage présent dans les tout premiers mois, sans remplacer la possibilité d’un congé parental plus long ensuite.
Ce qu’il faut retenir
- Le congé parental d’éducation est un droit vis-à-vis de l’employeur, non rémunéré ; la PreParE est l’allocation de la CAF ou de la MSA qui compense une partie du revenu. Les deux se demandent séparément.
- En 2026, la PreParE est de 459,70 € par mois à taux plein, 297,17 € pour une activité réduite à 50 % au maximum, et 171,42 € entre 50 % et 80 %.
- Il faut au moins un enfant de moins de 3 ans, une activité cessée ou réduite, et 8 trimestres de cotisation vieillesse sur une période variable selon le nombre d’enfants.
- La durée va de 6 mois par parent pour un enfant en couple, jusqu’aux 3 ans du plus jeune à partir de deux enfants. La PreParE majorée existe pour les familles de trois enfants et plus.
- La PreParE n’est pas imposable, se demande par le formulaire cerfa n°12324, et ne se cumule pas avec les indemnités journalières ou le chômage.
- Depuis le 1er juillet 2026, un congé supplémentaire de naissance s’ajoute aux congés existants, sans remplacer le congé parental.
Le mot de la fin
Choisir de ralentir pour ses enfants ne devrait pas être un casse-tête administratif. Pourtant, entre le congé qui relève de l’employeur et l’allocation qui dépend de la caisse, beaucoup de parents renoncent, faute d’avoir démêlé les deux. La PreParE ne rendra pas ces mois faciles sur le plan financier, son montant reste modeste, mais elle peut rendre possible ce qui, sans elle, ne le serait pas.
L’essentiel est d’y voir clair avant de décider. Prenez le temps de poser les chiffres, de simuler, d’en parler à votre caisse. Ces premières années ne reviennent pas, et un choix éclairé, fait sans précipitation, vaut mieux qu’un renoncement par méconnaissance de ses droits.
FAQ
La PreParE est-elle imposable ?
Non. La PreParE n’est pas soumise à l’impôt sur le revenu et n’a pas à figurer dans votre déclaration. Seule la CRDS, un prélèvement social de faible taux, s’applique. C’est donc un revenu quasi net, ce qui la distingue des indemnités journalières de maternité, elles imposables.
Peut-on toucher la PreParE en étant au chômage ?
Pas en même temps. Si vous percevez la PreParE à taux plein, le versement de vos allocations chômage est suspendu, puis reprend à la fin de la PreParE. Vous ne perdez pas vos droits au chômage, ils sont simplement mis en pause le temps du congé.
Les deux parents peuvent-ils la percevoir en même temps ?
Oui, à partir du deuxième enfant, les deux parents peuvent la percevoir simultanément ou l’un après l’autre. En cas de perception simultanée, le total des deux prestations ne peut toutefois pas dépasser le montant d’un seul taux plein.
Que devient mon contrat de travail pendant le congé parental ?
En congé total, votre contrat est suspendu, mais non rompu : vous n’êtes plus payé, et vous retrouvez à l’issue votre poste ou un emploi équivalent. En congé partiel, vous continuez à travailler à temps réduit et êtes rémunéré au prorata, la PreParE venant compléter.
À partir de quand la PreParE est-elle versée ?
Le droit s’ouvre au premier mois complet de congé parental, et l’allocation est versée le mois suivant, à terme échu. Si vous êtes encore en congé de maternité, de paternité, d’adoption ou de maladie indemnisé, la PreParE ne démarre qu’à la fin de cette indemnisation.