Depuis le 1er juillet 2021, le congé de paternité et d’accueil de l’enfant dure 25 jours calendaires pour une naissance simple, auxquels s’ajoutent 3 jours ouvrables de congé de naissance obligatoire. Une partie de ce congé est obligatoire : l’employeur ne peut pas la refuser. L’autre est facultative, fractionnable en deux périodes, et indemnisée par l’Assurance maladie sous conditions de cotisation. Aucune ancienneté n’est requise.
Le congé paternité arrive toujours au même moment : celui où tout va très vite. La naissance est imminente, ou vient de se produire, et les questions pratiques s’accumulent. Combien de jours peut-on prendre exactement ? Lesquels sont vraiment obligatoires ? Est-ce que l’employeur peut s’y opposer ?
Ce que beaucoup ignorent, c’est que le congé de paternité ne fonctionne pas comme un bloc homogène. Il se compose de deux périodes aux règles distinctes, s’articule avec un congé de naissance préalable obligatoire, et ouvre des droits à indemnisation dont le calcul échappe souvent aux bénéficiaires.
Par ailleurs, à compter du 1er juillet 2026, un nouveau dispositif vient s’y ajouter pour les enfants nés à partir du 1er janvier : le congé supplémentaire de naissance, créé par la LFSS 2026.
Qui peut bénéficier du congé de paternité et d’accueil de l’enfant ?
Le congé de paternité et d’accueil de l’enfant, nom officiel du congé paternité, n’est pas réservé au seul père biologique. La loi l’ouvre à trois catégories de bénéficiaires.
Le père de l’enfant
Le père de l’enfant peut en bénéficier quelle que soit sa situation familiale : marié, pacsé, en union libre, séparé, et même s’il ne vit pas avec la mère. Le seul lien biologique suffit.
Le conjoint ou concubin de la mère
Le conjoint ou la conjointe de la mère, son partenaire de Pacs ou son concubin peut également bénéficier du congé, même sans lien biologique avec l’enfant. Une seule condition : vivre en couple avec la mère au moment de la naissance.
Le second parent dans un couple de femmes
Dans le cas d’un couple de femmes ayant procédé à une reconnaissance conjointe anticipée, la mère qui n’a pas accouché bénéficie du congé dans les mêmes conditions que les autres bénéficiaires.
Dans tous les cas, aucune condition d’ancienneté n’est requise. Le congé est ouvert quel que soit le type de contrat : CDI, CDD, contrat temporaire, apprentissage, ou encore stage de formation professionnelle. Les demandeurs d’emploi inscrits à France Travail peuvent également y prétendre, sous réserve de remplir les conditions d’indemnisation détaillées plus loin.
❓ Le saviez-vous ?
Le congé de paternité et d’accueil de l’enfant est distinct du congé d’adoption, qui obéit à des règles spécifiques. Il est également distinct du congé de naissance de 3 jours ouvrables qui le précède obligatoirement et qui constitue une étape à part entière du dispositif.
Quelle est la durée du congé de paternité en 2026 ?
La durée dépend du nombre d’enfants nés ou accueillis. Dans les deux cas, le congé de paternité est obligatoirement précédé de 3 jours ouvrables de congé de naissance, qui s’y ajoutent sans en faire partie.
Pour une naissance simple : 25 jours calendaires
Pour la naissance ou l’accueil d’un enfant unique, le congé de paternité et d’accueil de l’enfant est de 25 jours calendaires.
Pour des naissances multiples : 32 jours calendaires
En cas de naissances multiples, la durée est portée à 32 jours calendaires.
Partie obligatoire et partie facultative : quelle différence ?
Dans les deux cas, le congé se structure en deux périodes distinctes.
La première période est obligatoire : 4 jours calendaires, pris immédiatement après le congé de naissance. Le salarié n’a pas le choix de les reporter, et l’employeur ne peut pas s’y opposer.
La seconde période est facultative : 21 jours calendaires pour une naissance simple, 28 jours pour des naissances multiples. Elle peut être prise immédiatement après la première période ou plus tard, dans un délai de 6 mois suivant la naissance. Ces jours peuvent être utilisés en une seule fois ou fractionnés en deux périodes au maximum, chacune d’au moins 5 jours.
| Naissance simple | Naissances multiples | |
| Congé de naissance | 3 jours ouvrables | 3 jours ouvrables |
| Période obligatoire | 4 jours calendaires | 4 jours calendaires |
| Période facultative | 21 jours calendaires | 28 jours calendaires |
| Total | 28 jours | 35 jours |
👉 Bon à savoir :
Jours ouvrables et jours calendaires ne se comptent pas de la même façon. Les jours ouvrables excluent le jour de repos hebdomadaire (le dimanche) et les jours fériés habituellement non travaillés. Les jours calendaires correspondent à tous les jours du calendrier, week-ends et jours fériés inclus. Le congé de naissance est décompté en jours ouvrables ; le congé de paternité en jours calendaires. Cette distinction change concrètement le décompte de l’absence.
Exemple :
Thomas et Clara attendent leur premier enfant. L’enfant naît un lundi. Thomas prend ses 3 jours de congé de naissance du lundi au mercredi. Dès le jeudi, il prend obligatoirement les 4 premiers jours de son congé de paternité, soit du jeudi au dimanche. Il décide ensuite de fractionner la période facultative de 21 jours en deux tranches : 10 jours trois semaines plus tard, puis 11 jours le mois suivant. Chaque tranche dépasse le minimum de 5 jours : la condition de fractionnement est respectée.
Dans quel délai le congé paternité doit-il être pris ?
La période facultative du congé de paternité doit être prise dans les 6 mois suivant la naissance ou l’accueil de l’enfant. Passé ce délai, les jours non pris sont perdus, et avec eux le droit à indemnisation.
Ce délai peut être repoussé dans deux situations.
- Si l’enfant est hospitalisé après la naissance, le congé peut être reporté à la fin de l’hospitalisation.
- Si la mère décède, le père peut reporter le délai de 6 mois à la fin du congé maternité postnatal qu’il est alors en droit de prendre.
👉 Bon à savoir :
En cas de naissance avant la date prévue, le salarié peut prendre son congé au cours du mois qui suit l’événement, même s’il n’a pas respecté le délai de prévenance d’un mois habituellement requis auprès de l’employeur. Il doit toutefois l’en informer dès que possible.
Le congé de paternité est-il indemnisé ?
Pendant le congé, le contrat de travail est suspendu. C’est l’Assurance maladie, et non l’employeur, qui verse les indemnités journalières, sous réserve de remplir les conditions requises.
Les conditions pour percevoir les indemnités journalières
Pour être indemnisé, quatre conditions doivent être remplies simultanément :
- prendre le congé dans les 6 mois suivant la naissance ou l’accueil de l’enfant ;
- posséder un numéro de Sécurité sociale depuis au moins 6 mois à la date du début du congé ;
- avoir travaillé au moins 150 heures au cours des 3 mois précédant le début du congé, ou avoir cotisé sur un salaire au moins équivalent à 12 058,20 € au cours des 6 derniers mois ;
- cesser toute activité salariée pendant la durée du congé, y compris chez un second employeur.
❓ Le saviez-vous ?
Les demandeurs d’emploi inscrits à France Travail restent inscrits pendant leur congé de paternité. En revanche, le versement des allocations chômage est interrompu durant les jours où des indemnités journalières de Sécurité sociale sont perçues. Ces jours doivent être déclarés à France Travail : en cas d’omission, les sommes versées en trop devront être remboursées.
Comment est calculée l’indemnité journalière ?
Le calcul de la CPAM suit quatre étapes.
Première étape : additionner les 3 derniers salaires bruts perçus avant le début du congé.
Deuxième étape : diviser ce total par 91,25 pour obtenir le salaire journalier de base.
Troisième étape : appliquer le plafond. Le salaire mensuel pris en compte ne peut pas dépasser le plafond mensuel de la Sécurité sociale, soit 4 005 € par mois en 2026. Si votre salaire dépasse ce plafond, c’est ce montant plafonné qui sert de base au calcul.
Quatrième étape : appliquer un abattement forfaitaire de 21 % sur le salaire journalier de base ainsi obtenu.
Le résultat ne peut pas être inférieur à 11,12 € ni supérieur à 104,02 € par jour. Les indemnités sont versées tous les 14 jours.
Exemple :
Karim perçoit un salaire brut mensuel de 2 800 € depuis plus d’un an.
Ses 3 derniers salaires bruts s’élèvent donc à 8 400 €.
Son salaire journalier de base est de 8 400 ÷ 91,25 = 92,05 €.
Après abattement de 21 %, son indemnité journalière est de 92,05 × 0,79 = 72,72 € par jour. Pour 25 jours calendaires de congé de paternité, il percevra 25 × 72,72 = 1 818 € d’indemnités journalières au total.
👉 Bon à savoir :
Votre convention collective ou votre accord d’entreprise peut prévoir des conditions plus favorables que celles de la Sécurité sociale, jusqu’au maintien intégral du salaire pendant toute la durée du congé. Vérifiez ce que prévoit votre convention collective avant votre départ en congé.
Quelles démarches effectuer pour prendre son congé de paternité ?
La demande auprès de l’employeur
Le salarié doit informer son employeur au moins 1 mois avant la date prévue de début du congé, en précisant la durée souhaitée. Si ce délai est respecté, l’employeur ne peut pas refuser ni décaler le congé. En cas de refus, le salarié peut saisir le conseil de prud’hommes. L’employeur s’expose par ailleurs à une contravention de 1 500 €.
La loi n’impose pas de forme particulière pour cette demande. Pour des raisons de preuve en cas de litige, il est néanmoins préférable d’adresser une lettre recommandée avec demande d’avis de réception ou de remettre une lettre en main propre contre décharge.
Les pièces à transmettre à la CPAM
Les pièces justificatives varient selon la situation du bénéficiaire.
S’il est le père biologique de l’enfant, il transmet à sa CPAM la copie intégrale de l’acte de naissance ou la copie du livret de famille mis à jour.
S’il vit en couple avec la mère sans en être le père biologique, il transmet les mêmes documents auxquels s’ajoute un justificatif du lien avec la mère : extrait d’acte de mariage, copie du Pacs, certificat de vie commune ou de concubinage datant de moins d’un an, ou attestation sur l’honneur de vie maritale cosignée par la mère.
💡 Les conseils de Nolwenn News :
Transmettez vos pièces à la CPAM dès le début du congé, sans attendre. Votre employeur établira simultanément une attestation de salaire : c’est sur cette base que la CPAM calculera vos droits et déclenchera le versement des indemnités. Tout retard dans la transmission des pièces retarde le versement.
Quelle est la situation du salarié pendant et après le congé ?
Pendant le congé de paternité, le contrat de travail est suspendu. Cela signifie que le salarié ne peut pas être licencié durant cette période, sauf faute grave ou impossibilité de maintenir le contrat pour un motif sans lien avec le congé. Le salarié peut en revanche démissionner pendant son congé s’il le souhaite.
La durée du congé est assimilée à du temps de travail effectif pour le calcul des droits à l’ancienneté. À son retour, le salarié retrouve son poste ou un emploi similaire assorti d’une rémunération au moins équivalente.
👉 Bon à savoir :
La période de congé de paternité est prise en compte pour le calcul des congés payés annuels. Elle n’entraîne donc aucune perte de droits à congés pour le salarié.
Congé supplémentaire de naissance : le nouveau dispositif de juillet 2026
À partir du 1er juillet 2026, un nouveau congé s’ajoute aux dispositifs existants : le congé supplémentaire de naissance, créé par la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026. Il ne remplace pas le congé de paternité mais vient s’y ajouter, une fois celui-ci épuisé.
Ce congé concerne tous les parents d’un enfant né ou adopté à partir du 1er janvier 2026, ou dont la naissance était prévue à cette date. Chaque parent dispose d’un droit individuel à 1 ou 2 mois de congé supplémentaire indemnisé qui peut être pris simultanément ou en alternance.
L’indemnisation est proportionnelle aux revenus : 70 % du salaire net le premier mois, 60 % le second. Elle est calculée sur la base des indemnités journalières de la Sécurité sociale, dans la limite du plafond mensuel de 4 005 € en 2026.
Le congé peut être pris en une seule fois ou fractionné en deux périodes d’un mois. Pour en bénéficier, le salarié doit informer son employeur au moins 1 mois avant le début du congé, ou 15 jours lorsque le congé supplémentaire fait immédiatement suite au congé de paternité.
❓ Le saviez-vous ?
Le congé supplémentaire de naissance ne peut pas être pris en même temps que la PreParE (prestation partagée d’éducation de l’enfant). En revanche, il peut s’y enchaîner. Pour les salariés qui souhaitent prolonger leur présence auprès de leur enfant au-delà du congé de paternité, c’est le premier dispositif à activer avant d’envisager un congé parental.
💡 Les conseils de Nolwenn News :
Si votre enfant est né ou était attendu à partir du 1er janvier 2026, vérifiez dès maintenant si vous remplissez les conditions d’ouverture de droit au congé supplémentaire de naissance. Ce dispositif étant très récent, les modalités administratives peuvent être plus longues que prévu : anticiper la demande auprès de votre employeur et de votre CPAM évite les délais d’indemnisation.
Ce qu’il faut retenir
- Le congé de paternité et d’accueil de l’enfant est ouvert à tous les salariés sans condition d’ancienneté : le père biologique, le conjoint ou concubin de la mère, et le second parent dans un couple de femmes ayant procédé à une reconnaissance conjointe anticipée.
- Sa durée est de 25 jours calendaires pour une naissance simple (32 jours pour des naissances multiples), auxquels s’ajoutent 3 jours ouvrables de congé de naissance obligatoire.
- Le congé comporte une partie obligatoire (4 jours calendaires immédiatement après le congé de naissance) et une partie facultative (21 ou 28 jours), fractionnable en deux périodes d’au moins 5 jours, à prendre dans les 6 mois suivant la naissance.
- L’indemnisation est assurée par la CPAM sous conditions de cotisation. L’indemnité journalière est calculée sur la base des 3 derniers salaires bruts, avec un plafond de 4 005 € par mois en 2026 et un abattement forfaitaire de 21 %. Elle ne peut pas dépasser 104,02 € par jour.
- La demande doit être adressée à l’employeur au moins 1 mois avant le début du congé. Les pièces justificatives sont à transmettre à la CPAM dès le début du congé.
- À partir du 1er juillet 2026, le congé supplémentaire de naissance permettra à chaque parent d’ajouter 1 ou 2 mois indemnisés après le congé de paternité, pour les enfants nés ou adoptés à partir du 1er janvier 2026.
Le mot de la fin
Le congé paternité reste l’un des droits parentaux les mieux encadrés : l’employeur ne peut pas le refuser, l’indemnisation est automatique sous conditions, et la partie obligatoire garantit une présence minimale dès les premiers jours. Ce qui change en 2026, c’est la possibilité de prolonger cette présence bien au-delà des 28 jours initiaux, grâce au congé supplémentaire de naissance. Un droit de plus, à condition de le connaître avant d’en avoir besoin.
FAQ
Le congé de paternité est-il accessible aux travailleurs indépendants ?
Oui. Les travailleurs indépendants affiliés au régime général peuvent percevoir une indemnité journalière forfaitaire pendant leur congé de paternité, sous réserve de cesser toute activité professionnelle. Les modalités de calcul diffèrent de celles applicables aux salariés. La CPAM reste l’interlocuteur compétent pour vérifier les conditions propres à chaque situation.
Que se passe-t-il si l’enfant est hospitalisé après la naissance ?
Si l’enfant est hospitalisé au-delà de la 6e semaine suivant sa naissance, le père peut demander le report de la période facultative de son congé de paternité à la fin de l’hospitalisation. Ce report doit être demandé auprès de la CPAM. Le délai de 6 mois habituellement applicable est alors repoussé d’autant.
Le congé de paternité est-il imposable ?
Les indemnités journalières versées par la CPAM pendant le congé de paternité sont soumises à l’impôt sur le revenu. Elles doivent être déclarées l’année suivant leur perception. En revanche, si votre employeur maintient intégralement votre salaire pendant le congé, c’est ce salaire qui est imposé, comme à l’ordinaire.
Peut-on poser des congés payés pour prolonger son absence après le congé de paternité ?
Oui. Rien n’interdit au salarié de faire suivre son congé de paternité de congés payés, sous réserve de l’accord de l’employeur pour les dates. Cette option peut être utile dans l’attente de l’ouverture du droit au congé supplémentaire de naissance, ou simplement pour prolonger la présence auprès de l’enfant sans recourir à un congé parental.
Le congé de paternité est-il ouvert en cas de naissance d’un enfant sans vie ?
Oui. En cas de naissance d’un enfant sans vie, le père ou le second parent peut bénéficier du congé de paternité et d’accueil de l’enfant, sous réserve de fournir à la CPAM la copie de l’acte d’enfant sans vie et un certificat médical d’accouchement d’un enfant né mort et viable.